Retour d'expérience
- missandromeda
- 18 sept. 2025
- 3 min de lecture
J’inaugure la partie blog de mon site, en vous proposant un retour d’expérience.
En effet, ça va bientôt faire cinq ans et demi que je fais du travail du sexe en réel, et une petite dizaine d’années que je pratique le virtuel.
Quand je repense à mes débuts, je réalise à quel point ces deux facettes de mon activité m’ont façonnée et continuent de m’apporter énormément, autant sur le plan personnel que professionnel.
J’ai commencé par le virtuel, un peu naturellement, parce que j’ai toujours aimé faire des nudes. Le simple fait de poser, de jouer avec mon corps, ma sensualité, la lumière, avait quelque chose de profondément excitant et libérateur.
Alors, l’idée de pouvoir gagner de l’argent avec ça m’a séduite immédiatement.
Bien sûr, ce n’est pas ce qui me rapporte le plus aujourd’hui, mais j’aimerais vraiment développer davantage ce pan de mon travail.
Le virtuel m’a donné énormément de confiance en moi, il m’a appris à aimer mon corps tel qu’il est, à en explorer les angles et les forces.
Pour moi, il n’y a rien de plus gratifiant au monde que de recevoir des compliments, provoquer du désir, exciter à travers un écran… et être payée pour ça ajoute une dimension à la fois valorisante et stimulante.
Ce que j’aime aussi dans le virtuel, c’est le côté créatif.
J’ai toujours dans un coin de ma tête le projet de me lancer dans le cam érotique, parce que c’est un univers qui m’attire.
Et puis j’ai envie de multiplier les shootings, de (re)faire des tournages porno, d’aller plus loin dans cette exploration de mon image et de ma sexualité, toujours à ma manière.
Le porno a été un coup de foudre total, genre “être filmée en prenant du plaisir, waouh mais quel pied !”
Il y a pour moi quelque chose d’artistique dans cette pratique, une possibilité infinie de jouer avec les codes, les désirs, les représentations.
Quand je suis passée au réel, c’est encore une autre porte qui s’est ouverte.
J’ai découvert à quel point cette expérience pouvait me rendre plus féministe encore. Travailler en réel m’a appris à mieux définir mes limites, à poser un cadre clair, à me rappeler que mes conditions sont non négociables.
J’ai la chance d’avoir développer très rapidement ce que j’appelle mon “sixième sens de p*te”, qui me permet de déceler très facilement les fantasmeurs, et de mettre fin aux discussions qui ne mèneront nulle part.
Et en même temps, c’est un espace où je peux lier l’utile à l’agréable : parce que oui, j’aime sincèrement le sexe. Il y a quelque chose de très fort à assumer ça pleinement, à le revendiquer sans honte, et à en faire une partie de mon métier.
Le réel m’a permis de découvrir le travail de collègues passionnantes, des personnes avec qui j’ai partagé des discussions, des expériences, parfois presque des amitiés, même si elles sont éloignées géographiquement.
J’ai trouvé une adelphité, une complicité particulière, faite de compréhension mutuelle et de respect. Ça, c’est un cadeau précieux que je n’avais pas forcément anticipé.
Évidemment, ce n’est pas tout rose, et il y a aussi des collègues qui se tirent dans les pattes, et il y a des drama, mais personnellement, je me sens principalement soutenue, et c’est le plus important à mes yeux.
Aujourd’hui, quand je regarde le chemin parcouru, je vois à quel point le TDS m’a aidée à grandir. Il m’a donné confiance, il m’a appris à aimer mon corps, à m’imposer, à poser mes règles et à ne pas m’excuser d’exister comme je suis.
Et ce n’est qu’un début : j’ai encore plein de projets, d’envies et de rêves à explorer dans ce métier qui, malgré ses difficultés, m’apporte beaucoup.
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